Simplicius et l'Infini par Denis Savoie

Simplicius et l'Infini

Titre de livre: Simplicius et l'Infini

Éditeur: Les Belles Lettres

ISBN: 2251420169

Auteur: Denis Savoie


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Denis Savoie avec Simplicius et l'Infini

Selon son récit traditionnel, la pensée moderne de l'infini aurait emprunté deux voies nettement divergentes : la critique empiriste dénia à celui-ci toute existence positive, là où la tradition métaphysique célébra au contraire en lui une réalité substantielle. Par-delà les antinomies cosmologiques kantiennes, encore nourries par cette opposition, il aurait fallu attendre la grande réconciliation hégélienne pour que fussent enfin articulées la critique du mauvais infini de l'entendement et la promotion d'une infinité expressive de l'absolu. Le présent ouvrage suit toutefois une autre direction et enjambe ce récit, sans le perdre tout à fait de vue. Il montre qu'en amont de la philosophie moderne, avant même l'affirmation de l'infinité divine au treizième siècle européen, un tel travail d'articulation a été opéré de manière originale par la tradition néoplatonicienne à partir de Plotin. Il soutient que ce travail s'est exprimé de manière particulièrement rigoureuse, à la clôture de la philosophie antique, dans le monumental Commentaire à la Physique d'Aristote que rédigea au sixième siècle de notre ère le philosophe néoplatonicien Simplicius. De fait, le contraste entre une analyse qui démystifie l'infini et un système qui le promeut a été dénoncé, tant par des auteurs anciens que par des contemporains, comme l'expression d'une véritable faiblesse dans la pensée même d'Aristote : comme s'il existait un décalage entre la démystification salutaire que le Stagirite opère lorsqu'il étudie pour elle-même la notion de l'infini, et la manière par trop naïve dont il emploierait celle-ci lorsqu'il traite de l'éternité du monde, du temps et de la génération. On devine le point de mire où de telles objections convergent : faute d'avoir pu élaborer une doctrine de la création, Aristote aurait succombé à la contradiction entre sa théorie de l'infini, purement critique, et l'idée d